Memento Mori et Massâcre à l’Opéra de Monte-Carlo.

Memento Mori.
Souviens-toi que tu vas mourir. Cette expression latine séculaire est le point de départ de la nouvelle représentation du chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui. Comment la vie est-elle influencée par la conscience de la mort ?

Cette question est abordée ici en explorant les trois étapes du processus
de mort : Les moments avant, pendant et après la mort ? D’une part, le mystère de la mort inspire une très grande crainte mais, d’autre part, pour beaucoup, elle nourrit aussi une fascination particulière.
Comment peut-on vivre en sachant que la vie est brève et finie ? Et par-dessus tout : que laissez-vous de vous-même après la mort ? En travaillant à partir de souvenirs personnels et intimes, et de la fascination pour la mort des anciennes icônes du monde pop, Sidi Larbi Cherkaoui examinece qui se passe pour ceux qui restent derrière lorsqu’un être cher meurt.

3f3aed57144209c8efa485a202987cda.jpg

Avec Memento Mori, Sidi Larbi Cherkaoui présente la pièce finale de la trilogie qu’il a créée pourLes Ballets de Monte–Carlo. Dans la première partie, In Memoriam, il a exploré la signification desancêtres et la façon dont ils continuent de vivre par l’intermédiaire de leurs descendants. DansMea Culpa, il approfondit davantage cette notion et explore les héritages négatifs que les ancêtrespeuvent laisser et la culpabilité de ceux qui sont parmi les vivants. Avec Memento Mori, il achèvemaintenant cette réflexion avec la question de ce qu’on laisse derrière soi, en guise d’héritage.

Création mondiale de Sidi Larbi Cherkaoui pour Les Ballets de Monte-Carlo
Les 19, 20, 21 et 22 juillet 2017,
Salle Garnier, Opéra de Monte-Carlo

Massäcre

JEROEN VERBRUGGEN
CRÉATION
Les musiciens et les chorégraphes en reviennent toujours au Sacre du Printemps de Stravinsky…
Fasciné comme tant d’autres par cette musique, j’ai souhaité à mon tour me confronter à
cette oeuvre monumentale. Je l’ai donc explorée dans ses moindres détails : les notes de la partition,ses rythmes, ses harmonies. Ces dernières sont parfois résolument « jazzy », c’est ainsi quela version jazz proposée par « Bad plus » est devenue la musique la plus appropriée à mon projet.
En essayant de ressentir au maximum et jusque dans mes entrailles cette nouvelle atmosphère, j’ai commencé à mettre en place un langage athlétique avec ses modèles et ses déclinaisons.

Jeroen-Verbruggen.jpg
Contrairement à Nijinsky plaçant (jusqu’à l’obsession), le cercle au centre de sa réflexion, j’ai mis cette pièce dans une boîte carrée ! Les carrés et les rectangles suggèrent la rectitude, l’honnêteté.Les carrés me rappellent par ailleurs les notions de fondations (celles des maisons), de tracés (ceux des parcelles de terre ou des jardins) et de champs à ciel ouvert qui nous relient au divin. Les carrésnous parlent souvent de concepts matérialistes, de choses établies… Mais ils soulignent aussi la dualité présente dans tout ce qui nous entoure, ils nous offrent un cadre, un terrain où les opposés se confrontent et parfois s’équilibrent. En isolant les deux parties de la partition et en les attribuant
aux danseurs puis aux danseuses, j’ai souhaité faire ressortir au sein de ces deux groupes les sentiments de violence, de passion et de convoitise qui les animent. Après tout, Le Sacre du Printemps ne parle que de ça.
Notre monde évolue rapidement. Nous sommes traversés par son rythme effréné, par son « anormalité», par sa furie qui nous presse, nous pousse à agir rapidement et à effectuer des choix parfois de manière quasi instinctive. Notre nature humaine nous amène à prendre des décisions, c’estainsi… Cette prise de décision à laquelle nous ne pouvons échapper malgré un contexte chaotique m’amène à me poser une question liée au Sacre : Lorsque nous désignons le faible et que nous lesacrifions pour nous purger de de notre égoïsme éhonté, quel processus se met en place ? Est-ce
une élection ou bien un sacrifice ? À quel moment l’âcreté de ce rituel quasi amoureux fait place au massacre ? La frontière est floue et à travers ce travail, j’ai essayé d’explorer comment nous flirtons avec ces limites, à quel moment nous nous situons en-deçà ou au-delà du cercle de notre histoireoù poésie et violence s’affrontent.

Quand je pense à mon travail sur Le Sacre du Printemps, j’ai à l’esprit l’image d’une plume déchue trouvée dans les endroits les plus étonnants, comme l’évocation d’un geste d’amour d’un ange gardien survolant l’agitation de notre monde.
«L’espoir est une chose avec des plumes» (Emily Dickinson)
Création mondiale de Jeroen Verbruggen pour Les Ballets de Monte-Carlo
Les 19, 20, 21 et 22 juillet 2017,
Salle Garnier, Opéra de Monte-Carlo

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s