L’élégance à la Ruinart

Dom Thierry Ruinart est un moine bénédictin né à Reims en 1657. Passé « Maître ès art »,
sa soif de savoir et de connaissance le distingue si bien, qu’à 25 ans, il est appelé à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés par le célèbre théologien, historien et savant dom Jean Mabillon. À ses côtés, Dom Thierry Ruinart, dont l’érudition est reconnue par ses pairs, va commencer à publier de nombreux ouvrages en latin et en français.

 

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Tout en restant profondément ancré à ses origines champenoises, Dom Thierry Ruinart
passera ainsi l’essentiel de sa vie à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, au coeur d’un
faubourg parisien en pleine expansion et déjà très prisé par l’aristocratie, la bourgeoisie
et l’élite intellectuelle d’un Paris rayonnant. Le Quartier Latin devient vite le centre de
la pensée française de l’époque et accueille de nombreux salons littéraires qui réunissent
artistes et savants et dans lesquels on déguste déjà des vins effervescents de Champagne.
Dom Thierry Ruinart va multiplier les voyages en France, et notamment en Lorraine et en Alsace, régions proches de sa Champagne natale.

 

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Il ira même jusqu’en Italie. Ces découvertes lui inspireront des récits captivants comme
le fameux Voyage littéraire en Alsace, accompagné de notes et de dessins. Il revient aussi le plus souvent possible en Champagne où il partage sa vision du monde avec sa famille et en particulier son neveu Nicolas fondateur en 1729 de la Maison qui porte son nom. Il en est l’inspirateur. L’enracinement profond de la maison sur les terres qui l’ont vu
naître témoigne de son indéfectible dévouement aux fondamentaux qui régissent les grands champagnes : la beauté des raisins, l’intelligence des vinifications, le processus des fermentations, les années, les idées.

 

Cuvée Dom Ruinart

Dom Thierry Ruinart aura attendu près de 250 ans pour voir son nom honoré par une cuvée d’exception logée dans des flacons inspirés de ce qui se faisait au XVIIIe siècle.
C’est 1959 qui a eu le privilège de la première cuvée Dom Ruinart, Blanc de Blancs en forme d’ode au grands chardonnays, sortie en 1966.
Une cuvée Dom Ruinart Rosé suivra bientôt, le millésime 1966 commercialisé en 1973.
Depuis lors, les rosés Dom Ruinart ne font pas exception au savoir-faire de la maison. Comme pour les blancs, le chardonnay est le mot-clé. Peu de champagnes rosés en contiennent d’aussi bonnes provenances et, surtout, en de telles proportions.

 

Dom Ruinart – Blanc de blancs 2006

L’Ellipse et l’Écume

Le Dom Ruinart Blanc de Blancs est une ellipse. Sa tension aux angles arrondis pose une touche d’écume qui révèle des arômes très riches de fraîcheur. Frédéric Panaïotis ferme les yeux, penche la tête vers le verre. Nous y sommes. C’est Dom Ruinart, Blanc de Blancs 2006. Les arômes de fleurs fraîches donnent au vin une subtilité qui gomme
cette austérité attendue, elle n’est pas un défaut, mais un état. Un parfumeur évoquerait le réséda cher à ses préparations. Vin franc, vin tendu, vin vertical, Dom Ruinart
Blanc de Blancs 2006 est issu d’un millésime délicat qui livrera sans tarder la fraîcheur
citron-pamplemousse de ses chardonnay. Le temps passé immobile dans le noir des caves, a donné à notre vin une rondeur elliptique. Cette ellipse complète en tous points déploie la tension, arrondit les angles, pose une touche plus travaillée dans des notes déjà riches, la force des arômes pâtissiers, pain brioché et gelée pulpeuse de mirabelle, d’abricot peut-être, ou de yuzu, l’agrume exotique qui agrémente les accords culinaires dans le monde entier.

 

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Cette ellipse distingue la tonicité d’une association cru-cépage dont l’accord s’est perfectionné toute la saison, a attendu son tour pendant dix ans et se déploie en fin de bouche dans une impression qui invite la salinité, comme elle est décrite par l’écume, cette légèreté iodée portée par le vent. Parlons aussi de l’espuma des cuisiniers modernes, cette dentelle qui a remplacé sauces et jus. Découverte aérienne, propre aux blancs de blancs issus de grands crus avec une touche terrienne, la pointe de sel vient
de la terre. Si l’élaborateur de ce vin a emmené les maturités très loin, il a su préserver cette qualité fondatrice du champagne contemporain, la fraîcheur.

 

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Dom Ruinart – Rosé 2004

La Race et le Velouté

Le Dom Ruinart Rosé renferme une équation que l’on pourrait croire impossible : le velouté et la race s’accordent pour la même partition délicate et aromatique.
Redire d’abord que c’est Ruinart qui a, en quelque sorte, inventé le champagne rosé. Dans les livres de comptes de la maison, il existe de très anciennes mentions de ces premières expéditions. Pourtant, l’élaboration d’une nouvelle cuvée d’un grand rosé effervescent est un exercice chaque fois très exigeant et l’expérience irremplaçable, soudain, n’est plus le maître-mot, Dom Ruinart Rosé est unique dans son assemblage.

Composé de 80 % de chardonnay et de 20 % de pinot noir vinifié en rouge, c’est une sorte de « blanc de blancs rosé ». Et la forte proportion de vin rouge ne doit pas laisser penser que ce vin est d’une couleur soutenue. Le chef de caves en vinifiant ses pinots ne cherche pas la couleur ou le tanin, il veut des arômes, il en a. Dom Ruinart Rosé est sans doute l’un des rosés les plus délicatement aromatiques qui se puissent trouver.

 

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Verre en main et l’oeil plissé, les narines en alerte, Frédéric Panaïotis, le chef de caves,
parle de terre noble aux senteurs millénaires. Dom Ruinart Rosé n’a que douze ans de maturation et pourtant, il a déjà exprimé l’essentiel. La framboise fraîche s’accorde à l’acidité des gelées de groseille et une touche de fraise des bois emporte l’approbation du dégustateur. Le classicisme champenois rassure, c’est un vin plus crayeux que fumé, l’évolution d’un champagne rosé n’a pas le même tempo que les vins rouges du même âge. Là, c’est l’Orient qui s’invite, ses épices toutes de complexité, ses bois de rose d’une finesse extrême, un air de rose fanée flotte à la surface du champagne quand la matière s’affirme en bouche. Cette expression brillante servie par un dosage faible (5,5grammes/litre) révèle une équation surprenante : le velouté et la race s’accordent
pour décrire un grand vin. Dom Ruinart Rosé 2004 prend place à la suite de ses prédécesseurs, les incomparables 1998 et 2002 d’abord, puis tout ceux de cette lignée si ancienne.

 

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www.ruinart.com

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