Deux artistes, deux démarches, deux expositions : Jean Cocteau & Frédérique Nalbandian

Le musée Jean Cocteau collection Séverin Wunderman rouvre ses portes au public en inaugurant simultanément deux nouveaux accrochages.

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Démarche d’un poète, exposition permanente d’œuvres issues des collections, propose un parcours biographique et analytique de l’approche créatrice de Jean Cocteau (A partir du 26 novembre). En parallèle, l’artiste Frédérique Nalbandian présente sa propre démarche conceptrice dans l’exposition De aquis confusis sur l’espace temporaire. (26.11.2016 / 13.03.2017)

 

affiche-demarche-dun-poeteDémarche d’un poète

« Je sais que la poésie est indispensable, mais je ne sais à quoi. » Jean Cocteau, Discours de réception de M. Jean Cocteau à l’Académie française, Gallimard, 1955.

« Qui sait écrire ? C’est se battre avec l’encre pour tâcher de se faire entendre. Ou bien on soigne trop sa besogne ou bien on ne la soigne pas assez. Rarement on trouve l’entre-deux qui boîte avec grâce. » Jean Cocteau, La Difficulté d’être, Éditions du Rocher, 1957.

« Boitez comme Jacob après sa lutte avec l’ange. C’est à cette claudication divine que se reconnaît la démarche des poètes ». Jean Cocteau, L’Impromptu du Palais-Royal, Gallimard, 1962.

Le nouveau parcours muséographique se déroulera en cinq séquences avec un fil conducteur : Cocteau poète.
De la « naissance » du poète dans les salons littéraires, introduit par Edouard de Max, à l’artiste souvent incompris qui s’identifie à des personnages mythologiques, l’accrochage dévoile un Jean Cocteau intime et confidentiel qui se définit d’abord en tant que poète quel que soit le support qu’il aborde. De l’écriture au cinématographe, la poésie imprègne son oeuvre : poésie de théâtre, poésie de roman, poésie de cinéma…
« A l’âge de vingt ans, après quelques graves erreurs de jeunesse, je suis entré dans la poésie comme on entre dans les ordres. » Jean Cocteau, Requiem, Gallimard, 1962.
Les rencontres artistiques sont autant de jalons importants dans son oeuvre créatrice : Guillaume Apollinaire, le Groupe des Six, Raymond Radiguet…
La dernière séquence s’ouvre sur l’univers onirique de Jean Cocteau et le monde mystérieux de la Belle et la Bête. Ce monde poétique est peuplé d’un bestiaire propre à l’artiste aux confins des rêves et inspiré des contes.

 

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affiche-nalbandianDe aquis confusis

Frédérique Nalbandian au musée Jean Cocteau collection Séverin Wunderman vient ajouter la fluidité à la ligne claire de l’architecture de Rudy Ricciotti. Elle apporte l’élément liquide, la fragilité de la matière et la transparence des surfaces d’eau qui jouent avec l’horizon. Oscillant entre la gracilité de la ligne et la masse impressionnante de ses sculptures de savon, un jeu s’installe entre ces échanges de stabilité et de légèreté, entre pérennité et éphémère. Il y a donc un dialogue de matières, auquel vient ici s’ajouter une imprégnation des sens. Sons des gouttes d’eau qui coulent sur le savon, qui entament cette chair presque humaine, qui se transforment en traces semblables à des projections d’univers.

Frédérique Nalbandian installe ainsi, dans l’espace d’expositions temporaires, un monde de subtile observation de son environnement et une élégance très à la Cocteau dans la représentation, une manière d’apprivoiser les mots et les signes, une préciosité dans le choix des techniques. Comme Rudy Ricciotti l’exprime en parlant de son architecture, baroque est également un adjectif que Frédérique Nalbandian revendique. Coulures du plâtre, fils plâtrés, colonnes torses qui répondent aux piliers d’ombres et de lumière du musée, mêlant savon et bronze, à partir d’empreintes de linges essorés, autant d’effets miroir dont elle joue en citant le poète maître des lieux.

Puis vient également la rose, qui, outre nous inspirer un subtil parfum à la seule évocation du mot, instaure un autre dialogue, issu du jardin de la Belle et la Bête.
Enfin, la poésie pour ces mots, inspirés de Jean Cocteau, gravés sur les trois contenances en verre soufflé, qui rythment leur ligne d’eau à la ligne d’horizon au loin, créant ainsi une image miroir. De aquis confusis ou le mélange de l’eau diffusera les sons de ce ruissellement grâce à la collaboration et les oeuvres du Centre National de Création Musicale de Nice (C.I.R.M.) lors du Festival MANCA.

www.museecocteaumenton.fr

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